Ligne Nouvelle Montpellier Perpignan

7 janvier 2022 Non Par Nicolas

Tout n’est pas joué

L’enquête d’utilité publique est en cours, nous avons jusqu’au 27 Janvier pour agir, la contribution de chacun sera décisive …

Présentation et guide de participation.

Cette partie de l’enquête concerne principalement la phase 1 du projet Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP), c’est-à-dire de St Jean de Védas à Béziers. Attention ! Cette enquête impactera l’ensemble du projet avec les options déjà retenues pour la phase 2 (mise en service reportée à 2045) avec éviction des trains de fret entre Béziers et Rivesaltes et réalisation de gares TGV à Béziers Est A75 sans jonction ferroviaire avec le Pôle d’échanges Multimodal Béziers Centre et à Narbonne Pont des Charrettes, sans tunnel double galerie permettant aux trains de fret de franchir les Corbières sur la LNMP. L’enquête a débuté le 14 décembre et se terminera le 27 janvier.

Vous pouvez contribuer auprès des commissaires enquêteurs (lieux et dates mentionnés dans le lien ci-contre), l’avis d’enquête publique  plus simplement vous pouvez aussi déposer votre contribution en ligne  en cliquant sur ce lien contribution en ligne qui vous conduira sur la page ci-dessous…

Cliquez ensuite sur le lien en rouge, « déposer votre contribution »

Pourquoi contribuer ? L’avis d’enquête publique vous offre la possibilité d’avoir accès à un large dossier d’informations objectives que vous pouvez confronter à d’autres sources et vous donne la possibilité de faire entendre votre voix. Si les réflexions et préconisations de l’ASSECO-CFDT OC PYRÉMÉD correspondent à vos préoccupations, nous vous invitons à vous les approprier et à en faire part aux commissaires enquêteurs, parallèlement à la contribution que déposera elle-même l’Union Régionale des Associations Études et Consommation CFDT d’Occitanie Pyrénées-Méditerranée en harmonie avec l’Union Régionale Interprofessionnelle CFDT OCCITANIE et/ou en partenariat au moins partiel avec France-Nature Environnement Languedoc-Roussillon, la structure régionale Occitanie Pyrénées-Méditerranée de la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports et la Coordination Régionale inter-associative LNMP.

Vous vous en doutez ce dossier est complexe, aussi nous nous permettons d’attirer votre attention sur quelques points saillants que vous pourrez reprendre à votre compte et qui correspond largement aux positions inter-associatives élaborées ou partagées notamment depuis 2009 par notre association et l’URI CFDT OCCITANIE.

Nous préconisons d’intervenir sur 5 Points :

Point 1

La demande : La sauvegarde de la desserte des gares centrales de Béziers et Narbonne, transformées en pôles d’échanges multimodaux, par les TGV circulant sur la LNMP en évitant 2 coûteuses gares

Les arguments : Le projet soumis à  l’enquête publique, calé par 3 arrêtés préfectoraux le déclarant projet d’intérêt général (PIG), Hérault, Aude et Pyrénées-Orientales, fin janvier 2019, prévoit pour sa phase 2 une gare nouvelle TGV excentrée à l’Est de Béziers (A75) sans raccordement ferroviaire de cette gare avec la gare centre-ville qui évolue en PEM (pôle d’échanges multimodaux) et une autre gare nouvelle TGV au Sud-Ouest de Narbonne (Pont des Charrettes) juxtaposée à la ligne actuelle mais en dénivelé et en privant la gare centre de tout train grande ligne.

Ces gares excentrées des villes ne répondent pas aux attentes de la plupart des usagers en particulier pour les correspondances entre TER et Intercités d’une part, TGV d’autre part. Comme déjà partiellement constaté pour le trafic des gares de Nîmes centre et Montpellier Saint Roch avec les ouvertures de Montpellier Sud de France et de Nîmes-Pont-du-Gard (qui est à une intersection TER), au terme de la deuxième phase, la desserte grandes lignes des gares centres disparaîtrait à Narbonne et serait réduite à 2 à Béziers tout en priorisant l’accès routier aux TGV. De plus, le schéma proposé (gare TGV Béziers Est A75) sur-pénaliserait la desserte ferroviaire des villes de Sète et Agde mieux desservies par Béziers Centre.

Les unités urbaines de Sète et d’Agde totalisant plus de 120 000 habitants sans parler de la pointe saisonnière, il faut veiller à ce que la mise en service de la LNMP ne les pénalise pas en accessibilité TGV en maintenant davantage de rames utilisant le contournement Nîmes Montpellier avec éventuellement départ et terminus à Agde (solution utilisée pour Toulon-Hyères).

Nous demandons l’abandon des projets de gares TGV à Béziers Est A75 et à Narbonne Pont-des-Charrettes, car pour la desserte voyageurs les exploitants ferroviaires TGV disposeront d’une offre plus attractive en assurant par un même raccordement sécurisé l’accès aux PEM de centre-ville de Béziers et Narbonne (13 mn TER entre les 2 dans l’état actuel de la ligne classique).

Point 2

La demande : Ajuster le tracé du raccordement LNMP Ligne Classique à Villeneuve-lès-Béziers

Les arguments : Le retour au couloir de passage du Projet d’intérêt Général (PIG) qui avait défini en 2000 sur les communes de Cers et Villeneuve-les-Béziers en même temps qu’une petite réduction de vitesse en-dessous de 160 km/h pourrait éviter pas mal de destructions d’immeubles difficilement compensables sur la partie nord de Villeneuve-les-Béziers.

Point 3

La demande : Mieux respecter la rive Nord du Bassin de Thau (Viaduc de Poussan et part du vignoble du Picpoul de Pinet)

les arguments : Pour que les habitants du pourtour du Bassin de Thau ne se sentent pas victimes du tracé de la LNMP, il faut en sus corriger  l’insuffisante desserte TGV pour Sète et Agde améliorer les solutions pour que le viaduc  au niveau de Poussan réduise son  préjudice paysager et sonore en deçà de celui du passage actuel de  l’A9 en rampe proche du village. Le tracé proposé aurait également pour conséquence la neutralisation de 150 ha (10% de l’aire d’appellation) du célèbre Picpoul.

Point 4

La demande : Assurer la mixité Fret /Voyageurs de bout en bout de la ligne !

Les arguments : Si la présentation du projet peut laisser croire que la mixité du trafic existe bien, elle s’interrompt pourtant entre Béziers et Rivesaltes ! Tout le trafic fret serait condamné à la ligne classique, sur ce tronçon qui inclut la ligne des étangs, déjà submersible particulièrement entre Port-la-Nouvelle et Leucate. Le dérèglement climatique aggrave le recul du trait de côte, alors que les chargeurs de trains de marchandises ont besoin d’itinéraires garantissant qu’ils arrivent à l’heure dans d’aussi bonnes proportions qu’un poids lourd.

Il faut la continuité de la mixité fret / Voyageurs sur l’intégralité du tracé LNMP, ce qui réduira les nuisances sonores de la ligne classique dans les traversées de zones urbaines !

Point 5

La demande : Le passage des Corbières… l’option bénéfique du tunnel

Les arguments : Une alternative de tracé, avec des rampes accessibles aux trains de marchandises appelés à devenir plus longs et plus lourds est possible. Nous nous étonnons que les promoteurs de la LNMP ne l’aient pas sérieusement étudiée

Selon l’Union Européenne, la LNMP est le maillon manquant sur le corridor européen ferroviaire marchandises Méditerranée. Il faut en finir avec les murs de camions polluants sur l’A9 : Déjà plus de 10 000 poids lourds par jour en moyenne au passage autoroutier du Perthus, et 14 000 sur l’autoroute à Béziers-Ouest ! Il est urgent de stopper la surconsommation d’énergie productrice de gaz à effets de serre, d’oxydes d’azote et de particules fines qui participent aux prés de 100 000 morts prématurées par an en France liées à la pollution de l’air imputable aux seuls combustibles fossiles !

Le franchissement des Corbières avec des dénivelés de moins de 1,5% accessibles sans motrice supplémentaire au trains de FRET, nécessite de creuser un tunnel de seulement environ 10 km. Il permettrait la mixité de la LNMP de bout en bout, ouvrirait des possibilités d’adaptation de la politique ferroviaire sur le long terme, et serait beaucoup plus favorable à l’environnement (respect de la biodiversité et des paysages). Ces raisons justifient que soit étudiée avec soin l’option avec tunnel sous l’angle technique et financier.

L’absence de tunnel ou d’un panaché de solutions pour que le fret puisse franchir les Corbières avec une LNMP qui soit réellement un PIG (Projet d’intérêt général) validé condamnerait économiquement et écologiquement un grand projet structurant européen dans le secteur d’Occitanie Pyrénées-Méditerranée le plus marqué par le chômage, la précarité et la pauvreté ! La ligne des étangs est condamnée sauf peut-être pour des trains voyageurs légers. Sa maintenance coûte déjà 3 fois plus que celui d »une ligne normale.  

Nous vous invitons fortement à faire apparaitre ce point dans votre contribution.

En conclusion

Nous espérons que ces quelques lignes vous auront permis de comprendre le danger que représente le projet dont la phase 1 est soumise à enquête publique. Pour autant nous sommes favorables à la construction de cette nouvelle ligne, à condition que celle-ci assure, par sa mixité intégrale sans gare TGV inutile, une distribution plus harmonieuse et respectueuse des bassins de vie en étant au service de leurs populations.

Nous affirmons que l’élargissement des échanges ferroviaires voyageurs (y compris par train de nuit pour très longue distance) entre les métropoles européennes ne suffira pas à atteindre des objectifs écologiquement bénéfiques. Pour y parvenir, il est impératif de renoncer à l’obstination de la très grande vitesse, et imposer une place importante au fret, pour en finir avec les rejets de gaz à effets de serre, particules fines et oxydes d’azote que nous impose le trafic de 6000 poids lourds/ jours, dans le corridor méditerranéen !

Merci de consacrer quelques minutes de votre temps pour faire œuvre utile en contribuant à cette enquête publique en vous aidant de ces quelques arguments.

La démocratie est un droit qui ne s’use que si l’on ne s’en sert pas …